

Le cinquième Empire (Oliveira, 2005)
Million Dollar Baby (Eastwood, 2005)
Le trône et le ring. Une plaie, une déchirure. Un accroc lumineux dans l’obscurité souveraine. Million Dollar Baby, accusé par les ânes de chantage au sentiment, de passage en force idéologique. Le hic, c’est que l’on imagine bien davantage la droite américaine, à laquelle Eastwood n’a jamais cessé d’affirmer son appartenance, dans les rangs des mouvements pro-life. Le film, à l’opposé, prend le parti de l’ombre, choisit de faire droit à la mort qui rôde alentour. Même politique chez Oliveira, passé plus ou moins inaperçu avec son Cinquième Empire. Même malentendu possible, susceptible de dénaturer ce qui se refuse obstinément à faire allégorie. L’un et l’autre partisans d’un cinéma rongé par les ténèbres. Une conscience aiguë de la vanité des entreprises humaines, sans pour autant lâcher ne serait-ce qu’un pouce sur la farouche ambition qui les porte. Un mouvement d’esquive pour déjouer les illusions de grandeur : Eastwood qui casse par deux fois le fil de sa success story, Oliveira qui s’en remet à la déraison des amuseurs de cour. Ce qu’est le cinéma dans ses plus belles expressions : s’affirmer non pas tant pro-choice que pro-death ; laisser filer la météore dans un ciel anéanti ; filmer la mort à l’œuvre, la porter en scène pour lui ôter sa victoire.
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Vos textes courts, ainsi du direct asséné par Eastwood sur nos conscences tranquilles ont une force imparable.
RépondreSupprimerNe l'oubliez pas.
Thierry