30 juillet 2008

Surcroît de puissance : déficit de conflit

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Jumper (Doug Liman, 2007)


Jumper (Doug Liman, 2007)


Bien étrangement ficelé, ramassé sur lui-même, le film accuse comme une forme d'hébétude légère : grisé par sa propre agitation et sous le coup d'une révélation dont il ne parvient pas à revenir. Ce qui tient tout d'abord à la radicalité du déplacement qu'il opère, tranchant à vif dans la masse du super-héros pour ne plus laisser subsister le moindre reliquat d'horizon vertueux. Déficit aggravé d'héroïsme, dont il n'y a pour ainsi dire plus trace, et partant de toute morale collective, qui entraîne mécaniquement une mise en boucle du superlatif opérant désormais à vide : du super-héros ne demeure, livré à lui-même, qu'un surcroît isolé de puissance.

31 août 2007

Télé-patrimoine

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Heroes, la dernière sensation américaine, l'expression d’une télé qui se découvre une vocation patrimoniale, s'acharnant à défaire un tissu historique déjà filandreux, troué de mille parts. Série qui s'offre comme ce qu'elle n'est pas – ce breuvage snob, mi-champagne mi-soda, objet mineur, vif, stylé, inconséquent, que l’on aura pu identifier comme l’expression d’une culture pop quand il faudrait plutôt parler d’affirmation d’un art moyen.

09 avril 2007

Par trois fois

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Three Times (Hou Hsiao-Hsien, 2005)
Photo credit: © 2005 Tsai cheng-tai


La rencontre amoureuse déclinée et reconduite sur le mode du sample et de la boucle musicale, ni tout à fait la même, ni tout à fait autre, sans possibilité de séquencement. La chronologie est mise en déroute et par trois fois le même temps se dit sans s'attacher à la manière : temps des amours, temps de la liberté, temps de la jeunesse. Quelle articulation entre ces trois-là ? Ni reprise, ni recommencement ; ni poursuite, ni continuité - un peu de tout cela, selon un récit qui s'effiloche et se ramifie, se perd et se retrouve, construit un autre possible de la temporalité amoureuse.